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La Marquise Masquée, partie 2/3

Posted by Cally Méreaux on 14:57:00

LE DEBUT

Une silhouette dans la pénombre du crépuscule. Une forme de courbes et d’illusions dans les dernières lueurs de l’astre s’endormant. Le vent fait voler sa chevelure d’ébène dans son dos, découvrant son dos nu, cerné de cicatrices sombres, et sans doute de sang. Elle se tient sur la falaise, faisant face au vide. Statique, elle semble n’être que statue de pierre dont l’ombre majestueuse vient s’étendre jusqu’au pied de l’homme qui la regarde, une trentaine de mètre plus loin. Elle semble libre et légère. Sa robe de satin blanche volète autour d’elle, découvrant ses pieds nus ancré dans la terre et la roche. Ses mains sont ouverte, et repose tranquillement le long de son corps détendu, elle ne bouge pas d’un pouce, tranquille, telle une apparition perturbante au sein des éléments déchaînés. L’homme voudrait l’approcher, écouter la musique de son visage, toucher l’âme de ses yeux inaccessibles, goûter à sa peau, et à la chaleur qui émane de son corps, presque visible à l'œil nu. Un coup de tonnerre, des éclairs aveuglants, et la pluie se déverse à torrent. Lui ne sent rien. Il ne sent ni le vent, ni la pluie. Ni le froid, ni l’humidité. Elle a disparu.
Le décor change. Une clairière, le jour se lève. Une forme blanche attire son attention, et déjà l’homme s’approche. La même robe, la même chevelure. C’est elle. Elle, si libre... Le vent a du la porter. jusqu'au creux de ces racines sèches. Elle se sera envoler... Sans ailes. Sa poitrine se soulève imperceptiblement. Dors-t-elle? Il n’arrive pas à distinguer ses traits, tout devient flou. Il ne voit que ses yeux. Sous ses paupières closes, ses prunelles s’agitent. Il se concentre sur ses yeux, il veut voir la couleur de leur iris, il ne veut pas les oublier. Capturer l’âme de son regard. Ses yeux s’ouvrent brusquement, elle inspire , comme effrayée.
Peut-elle le voir?
Ses yeux sont d’un marron clair, presque d’ambre doré. Du miel fondu, pailleté d’or et de lumière. Elle le regarde. Elle peut le voir. Elle semble scruter son visage avant de finalement le reconnaître. Elle tente de lever un bras, il le sent dans la douleur que dégage son regard.
La colère des mémoires défuntes ne doit jamais nous atteindre.


Tintements de verres qui s'entrechoquaient, fumée de cigares hors de prix, le rire cristallin de sa sœur qui s'élevait au dessus du brouhaha des conversations... Séphiroth avait sentit poindre les maux de têtes aussi certainement qu'il avait pu constater le règne du pédantisme mondain en ces lieux. Aussitôt qu'il avait vu s'éparpiller la foule d'hypocrites qui étaient venus parader sous ses yeux en s'esbaudissant sur son choix SI original du port de lunettes noirs à un bal masqué, il s'était éclipsé à pas de loups vers le premier accès vers la fraîcheur de la nuit.
Ainsi, ce fut sans réellement savoir comment qu'il se trouva coincé dans un labyrinthe végétale du jardin de la Marquise.
Séphiroth s'amusait plutôt de son étourderie. Bien qu'il ait pris soin  de lire les instructions sur la pancarte, au départ du méandre; et avait été sur ce fait été chaparder un mètre de fil de pêche dans une cabane annexe; il lui était impossible de retrouver son chemin. Et cela parce qu'il s'était lui-même mis au défi de ne commencer à dérouler son fil qu'à partir d'un certain point à l'intérieur du Labyrinthe... Autant dire qu'il fut vite ennuyé d'observer autant l'inutilité de son matériel de pêche qui s'emmêlait et se coinçait dans les branchages, que de sa sottise à ne pas avoir pensé à réenrouler son fils d'Arianne au fur et à mesure qu'il revenait sur ses pas lorsqu'il se trouvait dans des impasses.
Riant de sa bêtise, il finit par s'asseoir sur un banc de marbre d'une petite clairière pour mirer les étoiles du ciel, songeant en son for intérieur à la liberté d'un esprit volage entre les nébuleuses. Fermant les yeux avec apaisement, il s'imagina planer au dessus des murs sauvages, et alors qu'il voyait poindre dans ses pensées la solution au labyrinthe...
- Besoin d'aide peut-être?
Séphiroth sursauta, brusquement sortit de sa méditation.
- Ah! Mais ou êtes-vous enfin?! s'écria-t-il après quelques instants de recherches infructueuses.
- Eh bien, je vous pensais perdu... Tous ces fils enchevêtrés dans les plantes, voyez-vous... Mais apparemment vous êtes plus préoccupé par le mystère de ma position que par la votre... railla la voix avec bonhomie.
- Seriez-vous un esprit? s'étonnait le prince qui continuait de regarder de toute part sans parvenir à déterminer l'endroit d'où sortait le voix.
Un grand éclat de rire se fit entendre dans un des murs végétales avant que n'en sortisse une jeune demoiselle, dont la pénombre ne voilait rien des scintillements de son regard espiègle.
- Bonsoir Sir! finit-t-elle par dire après un silence contemplatif. Veuillez excuser ma désinvolture, mais je n'ai guère l'habitude de croiser âme qui vive dans le labyrinthe de Pylos. Mon attention n'était pas de...
- Mais qui êtes-vous? coupa l'homme, dont le coeur encore affolé de surprise amorçait maintenant une course folle vers une ivresse amoureuse....
La question sembla surprendre la belle qui hésita un peu.
- Eh bien... Disons que je connais fort bien les lieux... commença-t-elle, cherchant ses mots dans la flore environnante en tournant un peu autour de lui. Je m'y rends à chacune des soirées organisées par la Marquise Masquée. Je dois dire que je n'apprécie pas vraiment la compagnie de... Enfin... Disons que je suis plutôt solitaire. acheva-t-elle en haussant les épaules avec innocence.
- C'est fort intéressant mais ça ne répond pas à ma question Miss... remarqua le prince, de plus en plus intrigué en s'approchant pour la considérer de plus près.
L'inconnue émit un délicieux gloussement avant de reculer de quelques pas en rougissant.
- Bon, je vais vous proposer un marché Sir. Si vous ne cherchez pas à connaître mon identité, je vous guiderais sur le plus sûr chemin menant vers la sortie de ce labyrinthe.
Séphiroth prit quelques minutes de réflexion justement utilisé à la contemplation de la jeune femme qui lui faisait face. Elle dégageait quelque chose d'éloquent, une sorte d'aura de sagesse et de folie douce mêlées. La couleur de ses yeux brillants que la pénombre dissimulait l'intriguait autant que la grâce naturel qui émanait de ces courbes gracieuses...
- Moi c'est Séphiroth. conclut-il d'un ton pensif.
La nouvelle nommée sourit mystérieusement en hochant imperceptiblement la tête.
- Bien Sir Séphiroth... Alors, suivez-moi.
Remarques: Les corrections viendront plus tard, autant concernant la première partie que celles qui viennent. Elles n'auront que peu de chance d'apparaître sur ce blog, mais peut-être que sous forme d'e-book, je ferais un petit effort ;)...

  
Un peu plus tard dans la journée (ou dans la nuit...), je prévois un petit enregistrement ac capella ou un ptit scan BD, à voir.
Bonne journée!

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