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La Marquise Masquée, suite et fin, enfin!

Posted by Cally Méreaux on 03:55:00
Voici la fin de la nouvelle "La Marquise Masquée"
Les épisodes précédent, première partie ICI, seconde partie LA, et dernière partie ci-dessous:
Remarque: Toutes les images de cet article proviennent du site DeviantArt (trouvé à partir des thèmes "folie" et "madness" ;))


Jusqu'au bout des enfers... Sa substance animée par l'obscurité, une chorégraphie aveugle qui narre l'écho des ombres. Rien, il ne voit rien. Pourtant il la discerne dans l'énigme des limbes.
"Je n'aurais jamais pensé qu'on puisse trouver la solution à un labyrinthe en passant par dessous... C'est tout à fait surprenant!" ose-t-il suggérer à l'absence.
Dans le creux de sa paume, l'émoi indicible de leurs douze sens en alerte. Son silence impose aux voix le mutisme le plus pure. Son silence est un gouffre sans fond qui lui raconte bien des mémoires et des peurs qu'il n'aurait jamais imaginé. Séphiroth n'est pas un homme que les ténèbres effraient. Mais ce silence... Et sa présence, tout près de lui. C'est une sérénité dantesque pour son âme en questionnement. Abominable accalmie de son tout le plus intime. Il serre un peu plus les doigts de cette femme, cherchant une sécurité qui n'existe qu'au-delà du foyer de ses hantises les plus ineffables.
"Pourquoi ne me parlez-vous pas?" réitère-t-il alors, persévérant.
La mélodie de ses pieds nus sur la terre d'en dessous cesse soudainement. Il manque de la heurter, et son odorat attentif vient caresser l'effluve de sa chevelure d'ébène. Il la sent se retourner pour lui faire face. Elle est toute proche, au point qu'il peut deviner le point d'embrassade de leur deux souffles mêlés, c'est électrisant. Crispé, il ne peut qu'attendre sans vraiment l'espérer la rupture de ce silence qui les berce. Sa main droite toujours dans la sienne, il tente une approche de la gauche, cherchant le contact de son corps, mais la belle le prend de court et avance son visage plus près encore.
"Sais-tu qui je suis?" chuchote-t-elle presque contre ses lèvres.
Le prince se sent sur le point de défaillir alors qu'il ose à peine murmurer un "Non".
"Je m'apelle Lyliâsie."
Il hoche doucement la tête, dans l'incapacité de dire quoique ce soit. Elle s'éloigne un peu et lui prends les mains pour continuer:
"Je suis la princesse des terres inexplorées et des forêts vierges. Quelques hectares où personne mieux que moi ne sait la beauté du chant des mésanges, la loyauté des loups à l'astre de la nuit, ou encore la grandeur d'un orage dans la nuit. J'ai chaque parcelles de la faune et de la flore des environs en mon être... Alors que la vérité des êtres humains m'échappent toujours. Et toi, Séphiroth? Qui est-tu?"
Il inspire nerveusement.
"Je suis... Je suis ..."
"Tu es, en effet... Et n'est-ce pas en soit, amplement suffisant?"
Il hoche encore la tête, en soupirant, conscient qu'elle ne peut le voir.
"La sortie est juste au-dessus de nous." finit-t-elle par répondre au silence qui commence à s'installer.
"Et le commencement ne peut être que près de toi..." lui dit-il avec emprise.
De sa poche, il sort un vieux briquet qu'il allume, voulant mirer la beauté de son visage qu'il n'a jamais pu voir que dans l'ombre.
 
Mais lorsque la lumière eut emplit la grotte, déjà, elle avait disparue...

- Ah! Prince Séphiroth! Nous vous avons chercher partout! Où étiez-vous passé? Vous allez bien? demanda l'imam, surpris par la terre séché sur les vêtements couteux du prince.
- Oui... Je m'étais perdu... Dans le labyrinthe. répondit l'homme à contre-cœur, alors qu'il s'apprêtait à retourner à l'intérieur du méandre pour s'y perdre encore.
- Ah, ce fameux labyrinthe! La Marquise l'a fait construire en suivant le plan exacte de la plus vieille représentation iconographique du monde. s'amusa l'autre, peu préoccupé par l'air abattue du jeune prince; alors qu'il se mit à épousseter violemment les habits de son protégé. Vous pourriez en parler avec elle si vous le souhaitez... appuya le vieil homme. Elle serait ravie de bavarder un peu avec le prince du Grand Royaume, si vous voyez ce que je veux dire...


Séphiroth posa son regard sombre sur le vieil imam. Ses obligations de futur Roi, encore et toujours... Il soupira et le suivit jusqu'à un salon privé de la demeure. La fête battait toujours son plein, et quelques invités avaient déjà tombé les masques. Il crut même entrevoir sa sœur, fort occupé au badinage avec un prétendant des plus élégants.


- Marquise, voici le Prince Séphiroth, fils du Roi Archimède III du Grand Royaume, et de la cinquième Princesse Eléanore de Chine. Présenta l'imam avant de se retirer.


La belle dame au masque blanc, et aux lèvres rouges s'avança gracieusement vers son invité pour recevoir la marque dû à son rang. Elle portait ses cheveux tirés sobrement en un chignon classique, et une magnifique cape rouge la recouvrait jusqu'au pieds. Il était impossible de deviner son âge, encore moins de deviner les émotions qui traversait son faciès dissimulés. Lorsque les politesses prirent fin, elle retourna s'asseoir tranquillement sur un fauteuil du salon en invitant le prince à prendre part à la collation qu'elle s'apprêtait à consommer.
- A vrai dire Marquise, je n'ai guère faim. Avoua le Prince sans se préoccuper des usages.

Son hôtesse releva la tête, et lui fit cette réponse dès plus amusée:
- Certain de mes invités sont devenue fou en parcourant les allées de mon labyrinthe. Et d'autres... n'en sont tout simplement jamais revenu.
Étonné par cette déduction, il alla rapidement s'asseoir auprès d'elle dans l'espoir qu'elle lui en dise plus sur la femme mystérieuse qui l'avait guidé jusqu'à la sortie.

- Connaissez-vous la belle qui vit dans sous les hectares de ce méandre? demanda-t-il en refusant d'un signe de tête, le plat de biscuit qu'un serveur lui proposait.

- Vous croyez qu'elle y vit? le questionna-t-elle en retour alors qu'elle prenait quelques gorgées de son thé.

- Eh bien, au vu de ses habits... Et de ses yeux... dit-il d'un air éperdu.

 La Marquise reposa son thé d'un geste sec, et joignit les mains pour lui tenir ce discours sans lui laisser l'occasion de s'épancher:
- En vérité, je vous ai fait mander ici, car mon père, Yavé, l'émir le plus puissant des 3 terres d'Orient, a pour projet de me marier... commença-t-elle d'un ton laissant plus entrevoir la froideur d'un texte récité sans coeur qu'une réflexion spontanée. Voyez-vous, il se trouve qu'il a dans l'idée d'offrir ma main au fils du Roi le plus prestigieux de ce pays. Comprenez-vous ce que cela peut impliquer pour vous...?

Les deux fentes teintées de son masque semblait le fixer dans l'attente d'une réponse intelligente. Séphiroth se leva, quelque peu déstabilisé par cette nouvelle.

- Écoutez Marquise, vous avez fait preuve d'une franchise sans égale, alors je ne saurais mentir: Cette nouvelle ne m'étonne guère mais je ne me suis jamais sentit l'âme d'un Roi, laissa-t-il tomber avec l'emportement d'un prisonnier. Je dois vous paraître bien sot, ou simplement fou, mais cette sauvageonne qui vit sur vos terres a su plus que personne en ce monde toucher mon âme par la liberté dont elle dispose. Votre père, soit-il le monarque le plus riche et le puissant sur cette terre ne saurait jamais m'offrir la dote qui m'obsède. Alors entendez bien que si je dois un jour prendre femme, ce ne sera qu'à l'unique condition que celle-ci soit aussi emportée et libre que ma soeur est soumise et conditionnée.



La Marquise Masqué, à qui il l'avait préféré tourner le dos, lui répondit simplement:


- Alors fuyez.
- Je vous demande pardon? répliqua-t-il, incertain.



La belle dame soupira, et il l'a sentit approcher à pas de loups jusqu'à son côté gauche, près de la fenêtre.


- Je crois que vous êtes fort bien placé pour comprendre ce que je vis depuis mes premiers avènements à l'intellect... Vous connaissez ma légende Sire Séphiroth, comme tous les êtres nés les territoires de l'Est. Vous devez aussi savoir que les masques ne sont pas toujours de matière physique, comme le mien. Je l'ai compris le jour où pour la première fois, mon père s'emporta de me voir ainsi dissimulé et m'ordonna d'ôter ce masque qui me colle à la peau depuis tant d'années. Je me souviens lui avoir répondu d'enlever d'abord le sien.


Il l'a sentit frémir sous sa cape. Etait-ce un rire nerveux? Un sanglot retenu? Il n'aurait su le dire, et avant qu'il n'ai le temps d'envisager la question, la Marquise reprit son soliloque.


- Ce que je veux vous faire comprendre, Sire Séphiroth, c'est que cette femme emportée et libre que vous cherchez, cette sauvageonne qui vit sur mes terres... N'est autre que vous même. Les imbéciles pourraient s'imaginer que vous cherchez votre opposé. Moi je sais que vous ne désirez que la liberté et la passion de cette être impulsif, car c'est ce que vous êtes profondément... Sous votre masque.


La Marquise se retourna en soupirant.
- Mon masque me dissimule sans doute, mais il en laisse paraître bien moins que les maux de votre éducation.

Pris d'une inspiration soudaine, Séphiroth la plaqua contre la fenêtre avec colère.

- Dis-moi ton nom! s'écria-t-il

- Je suis la Marquise de BeauRegard. Répondit-elle avec frayeur.

- Non! JE VEUX TON NOM! LE NOM DE TON AME!








Dans les vertiges des bris de glaces, ils sombrent. Leur fuite capturée dans l'écho d'un rire hystérique, alors que la gravité les mènent à leurs tombes. Et elle rit à s'en fendre la voix, sans chercher à comprendre. Peu importe, puisque déjà les spasmes nerveux se transforment en larmes. Des larmes de rages. Une colère sourde qui la transporte. D'un geste elle se défait de sa cape, qui plus légère, semble s'envoler vers les cieux. Elle retire ensuite son masque, qu'elle voudrait jeter de toute ces forces pour le briser, mais le néant n'a pas de matière.
C’est un rêve, sans doute. Un flash-back, peut-être. C’est flou, des vagues en déferlante sur l’incohérence du sujet, des ondes de choc s’entremêlant à la berceuse du temps. Et à l’oreille de l’âme, l’objet est un silence de pierre, que nul ne peut saurait détériorer. C’est la vie, sûrement... Ou sa mémoire. Une mémoire fuyante d’un futur à l’avenir incertain.
 
Lyliâsie, car c'est son nom, sombre. Emportée par la furie de son délire. Sépiroth a disparu. Un masque de plus qui s'efface. Un personnage, juste un personnage. Les personnages ne meurent pas, il suffit de reprendre livre à son commencement pour le voir respirer à nouveau. Mais pas de traces de ces visions, juste des maux épars, des mots du silence, un bruit de pensées égarées. Folle, folle! Dans son miroir, il y a un reflet, le reflet de la reine de glace, celle qui hante l'opéra sans mélodie. Mélody, n'est-pas là son nom? Las, las... Elle voudrait bercer sans fin la rage sourde qu'elle contient depuis tant d'années. La rage de l'ignorance. Et ses yeux dans l'eau sombre ont le regard du vide cerné par le silence, cerné par la fatigue.

"Qui suis-je?"




La petite fille releva les yeux, circonspecte.
- C'est ça l'histoire de la Marquise? ... Je crois que j'ai rien compris. Ils se sont mariés ou non le Prince et la Marquise? Et la soeur du Prince? Et c'était vrai que ses yeux révélaient les secrets des gens?

Sa mère, dont les traits figés par le botox ne semblait rien exprimé de très clairs, finit par répondre tranquillement:

- "La Marquise Masquée" n'était que le leurre d'une jeune femme atteint d'une maladie mentale très grave. Elle croyait vivre dans un univers ou un Prince l'a sauverait de sa solitude et saurait réconcilier sa raison aux méandres de son coeur sauvage et libre.

- Maman, tu m'as encore romancé l'histoire d'une de tes patientes. reprocha l'enfant, déçue par cette fin.

- Mais tire-en une leçon ma puce... Méfie-toi toujours des gens qui disent ne rien avoir à cacher, car ce sont ceux qui ont le plus à craindre de ce qu'on pourrait découvrir sur leur compte.

- Comme l'histoire de celui qui se faisait toujours remarquer pour ne pas qu'on le voit?

Lyliâsie sourit avec tendresse.

- Tu es intelligente ma princesse. Tu as compris.

La petite fronça les sourcils, l'air de réfléchir encore un peu à la morale de cette étrange histoire. Elle finit par soupirer et tira les draps sur elle, serrant son ours très fort contre elle.

- Bonne nuit maman.

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